En bref
Certaines personnes consacrent leur vie à une cause, d'autres ne peuvent s’engager qu’une heure par semaine. Certaines personnes peuvent prendre des risques, d'autres non. Votre campagne sera plus forte si vous offrez à votre communauté de nombreuses façons de s'impliquer.
« Chacun a été fait pour un travail particulier, et le désir de ce travail réside dans chaque cœur. »
— Jalāl al-Dīn Muḥammad Rūmī
Vous avez 20 000 abonnés sur votre compte de réseau social mais votre pétition ne récolte que 100 signatures ? Votre lettre d’info est transmise à des milliers d’adresses mais seulement 50 personnes se présentent à votre événement ? Vous attendez peut-être trop de tout le monde — ou trop peu de quelques membres zélés. Et que cela nous plaise ou non, la victoire passe par des contributions multiples et variées, grandes et petites.
Il convient de reconnaître que certaines personnes répondent à des actions nécessitant peu d'effort ou aucun engagement durable, tandis que d'autres sont motivées à investir beaucoup de temps et de ressources. Alors que certaines personnes sont prêtes à faire des dons ponctuels, d'autres déploient leur générosité dans la durée. Certains soutiens ont la possibilité d’assister à une manifestation d'une heure pendant leur pause déjeuner tandis que d'autres peuvent prendre toutes les dispositions nécessaires, y compris modifier leurs horaires de travail ou engager une baby-sitter, pour accompagner un rassemblement d'une journée entière. Il est également important de penser à la diversité des compétences et des niveaux de confort — quelqu'un acceptera sans rechigner de s’attacher à un arbre ou de coordonner toute la logistique d’un événement mais n’osera pas prononcer un discours devant une foule ou appeler un député dans le cadre d'une campagne d’interpellation par téléphone.
Que cela nous plaise ou non, la victoire passe par des contributions multiples et variées, grandes et petites.
Pour activer un pourcentage substantiel de vos alliés actifs et passifs, il faut développer des stratégies d'engagement qui vont activement à la rencontre des gens là où ils sont.
Considérons l’exemple d’une campagne qui applique bien ce principe.
Pendant le confinement COVID en Ouganda, les mini-bus qui transportent normalement 14 passagers n'étaient autorisés à fonctionner qu'à moitié capacité, ce qui a conduit les opérateurs à doubler le prix. À la levée des restrictions, les opérateurs ont maintenu le prix élevé tout en remplissant les véhicules. L'indignation s'est répandue, et la campagne Fair Fares UG est née, demandant au gouvernement de réguler les tarifs des mini-bus.
Cependant, les organisateurs ont rapidement réalisé que leurs supporters n'étaient pas tous impactés par le problème de la même façon. Certains prenaient les transports publics tous les jours, d’autres de manière ponctuelle, et d’autres encore ne les utilisaient pas du tout. Pour engager autant de ces supporters que possible, ils ont créé un groupe WhatsApp pour chaque segment de la population. Les utilisateurs réguliers recevaient des ont été placés au niveau d'adhésion le plus élevé, engagés quotidiennement et invités à appliquer des tactiques plus exigeantes telles que le boycott des mini-bus et le recours aux Boda Boda (motos) comme moyen de transport alternatif. En revanche, ceux dont le niveau d'intérêt et d'engagement était plus faibles ne recevaient que des messages ponctuels, avec des invitations à participer à des tactiques sur les réseaux sociaux. Les opérateurs de mini-bus ont fini par revoir leurs tarifs.
Un élément clé du succès de cette stratégie consiste pour les organisateurs à cartographier différents niveaux d'intérêt et de capacités, puis à adapter l’engagement auprès de chaque groupe en fonction de cette cartographie. De cette manière, ils ont évité de laisser de côté les personnes qui n'étaient pas directement impactées par l'augmentation des tarifs, offrant plutôt à tout le monde une opportunité significative de s'impliquer et de se sentir impliqué dans la campagne et dans son succès.
Exemples du monde réel

Those who couldn’t participate in the occupation brought firewood, food, and water to the occupiers — allowing people to contribute in different capacities.