En bref
Comment 17 jeunes activistes ont mis leur vie en jeu, organisant des grèves de la faim et des manifestations surprises, pour renverser l’impitoyable dictateur de l’Angola et mettre fin à 30 ans d’oppression.
Le 7 mars 2011, un groupe de jeunes Angolais organise la première manifestation non partisane du pays depuis 35 ans. Décidés à s’opposer à des décennies d’oppression, ils défendent les droits politiques, la liberté d’expression, la justice sociale et l’accès au service publics. Le collectif 7311 est né de cette première manifestation, dont la date inspire le nom.
Tactique clé
Les militants de 7311 ont utilisé les grèves de la faim comme moyen de revendication pour attirer l’attention de la scène internationale, afin d’accentuer la pression sur le régime en place. Une grève de la faim est un acte individuel moral dramatique, une tactique « asymétrique » qui peut bien fonctionner même en présence d’une grande disparité de pouvoir (comme c’est le cas de 17 personnes contre un régime installé). Elle s’est avérée très efficace à l’heure d’attiser la sympathie du public et de construire un moment politique autour de l’affaire des 15+2 prisonniers et d’une revendication des droits politiques et des libertés en Angola.
La manifestation surprise — Comment instiller un sentiment de révolte généralisé dans le public sans exposer personne à des attaques policières fallacieuses ? En mettant en scène une série d’actions éclairs, en les publiant dans l’instant, et en disparaissant avant l’arrivée de la police ! Les « manifestations surprises » constituaient une véritable innovation tactique de la part de 7311, et s’apparentent à d’autres tactiques de résistance souterraine telles que le tractage clandestin, les concerts de casseroles ou cacerolazo et le théâtre-guérilla, toutes conçues pour être réalisées même en présence d’extrême répression.
Principe clé
Nous savions que pour remporter une victoire contre un régime répressif détenant le monopole de la violence et un quasi monopole sur les médias devait passer par une discipline non-violente rigoureuse. Notre engagement ferme à l’action non-violente a compliqué la tâche du régime, qui ne pouvait nous accuser de terrorisme ou de trahison, qui sont des prétextes classiques utilisés par l’appareil de propagande d’un régime pour empêcher l’opposition populaire.
Concentrez-vous sur les besoins de première nécessité — Nos demandes politiques plus générales sont absolument fondamentales à l’heure de transformer l’Angola en un pays véritablement juste. Néanmoins, les dures réalités du quotidien des populations (telles que des services de traitement des ordures insuffisants, le harcèlement policier ou le manque d’accès à des soins appropriés) prennent souvent le pas sur les objectifs et les idéaux politiques plus vastes. En nous concentrant sur des images et des récits qui parlaient directement des difficultés et des besoins quotidiens de la population a été critique pour légitimer notre mouvement et ses demandes aux yeux du public.